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La Librairie de Marie Jo

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"Au coeur du VIème arrondissement à deux pas de notre agence se trouve la librairie COURANT d'ART de Marie Josée GRANDJEAN"

La pièce, exiguë, regorges d'ouvrages insolites, pour certains méconnus, voir introuvable.

Scientifiques, philosophes et artistes tapissent les murs de leurs voies électriques. Le mouvement de sa silouhette rompt avec la stase des hautes bibliothèques.
Des lunettes en écailles retiennet ces longs cheveux poivre et sel. Une broche tortue du même acabit est fixée sur son col roulé beige, trop large pour elle.
"Rigolo hein, c'est le cadeau d'une amie, confie-t-elle. Les tortues portent bonheur tu sais. Je l'ai lu dans un poème".
Deux foulards, l'un bleu, l'autre gris, s'entremêlent autour de son cou. "Je ne crois pas tout ce qui se dit dans les poésies, ajoute t-elle, mais elles sont l'expression d'une personne, qui transmet une forme d'esthetique".

Effluves de papier sur fond sonore salsa, la bouquiniste ajoute : "J'ai fait du flamenco plus jeune. C'est fantastique le flamenco, par ce que c'est quelque chose à deux : la femme est devant l'homme. Elle fait son petit manège, elle est de plus en plus belle. Taper avec les pieds, avec les bras, les mains...c'est extraordinaire."

Trait de génie et traits de caractère 

Rouge, bleu, orangé, les volumes débordent des armoires étriquées. Le but de Marie Josée ? 

"Que l'art continue d'exister". Elle claque du doigt, pianote avec sa main sur la table en bois. "Ce que j'aime, c'est la création. Lorsqu'elle crée, la personne communique ce qu'elle est". La marchande de papiers déambule dans la boutique et se souvient : "C'est aux puces de Saint Ouen que j'ai vendu mes premiers bouquins, à même le sol.
A l'époque, il y avait beaucoup de russes et d'américains. Mais pendant la guerre du Golt, les étrangers venus en France pour acheter des livres ont disparu. il n'y à plus eu personne".

Marie Josée, qu'elle est votre plus grande qualité ? Du tac au tac, elle répond : la persistence. "Un problème à toujours une solution. Ce qui est amusant, c'est de la trouver". 
En 1995, la vendeuse de livres quitte les puces et s'installe rue de Vaugirard. "J'adore ce quartier. C'est comme un village. Quand je suis arrivée il y avait beaucoup d'artistes. Belmondo venait souvent. "A mesure qu'elle pense, le regard de la femme s'éclaire. "Un jour je suis allée voir Brassens en concert. A la fin du concert, on s"est embrassés...".

Il n'est pas rare de voir un client de Marie Josée venue du fin fond de la France ou de l'étranger, pousser notre porte d'agence immobilière et discuter immobilier...

La bouquiniste farfouille dans ces affiches surannées. Elle en déplie une, SILENCE. Des lettres capitales se détachent du papier :  "AU NOM DU FUHRER" "Des trucs comme cela, ça ne devrait pas exister, souffle t-elle. J'aime l'art quand il transmet quelque chose de beau".

Redoutez-vous la mort Marie Josée ? "Non. Le seul truc c'est que cela arrête quelque chose. J'aime la connaissance, et pouvoir transmettre ce que je connais".

"Quand un artiste meurt, une transmission prend fin".

Propos receuillis par Félicie de Terves avec l'aimable autorisation de Marie Josée GRANDJEAN

"L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art" Robert Filliou 

Pour la petite histoire... Nous avons vendu cette librairie à Marie Jo en 1994, elle est située au coeur du quartier de Montparnasse.
C'est une mine au service de la mémoire artistique, menée depuis 30 ans de main de maître par cette remarquable femme ; elle vous recevra agréablement dans une véritable caverne d'Ali Baba de la documentation artistique. De nombreus livres, revues, archives, et de très belles affiches anciennes. 

Librairie Courant d'Art
79 rue de vaugirard
75006 PARIS 
06.80.85.09.67

mjcdart75@gmail.com